Par Tom Botherel · Publié le 16 octobre 2026 · 5 minutes de lecture
Pas de façon durable. Une fiche de l'université d'Arizona conclut que les appareils sonores vendus pour la maison n'ont pas montré leur efficacité dans les études scientifiques. Les rongeurs craignent le son au début, puis s'y habituent. Une étude menée dans une seule maison a trouvé bien moins de captures avec un appareil allumé, mais elle ne suffit pas à trancher. Pour faire partir les souris, il faut boucher les entrées et piéger, comme le résume notre article sur les remèdes contre les souris, ou confier le problème à une dératisation des souris par un professionnel.
Un répulsif à ultrasons est un boîtier qui se branche sur une prise et émet un son trop aigu pour l'oreille humaine, au-dessus de 18 000 hertz selon l'université d'Arizona. Le chien l'entend, lui, et c'est un premier défaut. Le principal tient à la souris : il lui suffit de comprendre que ce bruit ne lui fait aucun mal. Le piège à souris maison et le rebouchage des accès restent les deux mesures de référence.
Une souris domestique : pelage gris-brun uniforme et ventre non blanchi, ce qui la distingue du mulot.
Ce que disent les études sur les ultrasons et les souris
La synthèse la plus accessible vient de l'université d'Arizona. Dans une fiche d'extension révisée en octobre 2015, Nicholas Aflitto et Tom DeGomez passent en revue les tests menés sur des appareils sonores du commerce. Contre les fourmis, les blattes et les punaises de lit, aucun n'a eu d'effet probant. Les auteurs concluent que ces appareils n'ont pas été montrés efficaces dans les études scientifiques et déconseillent de s'en servir contre les nuisibles courants. Les succès qu'ils relèvent viennent de sons propres à une espèce, conçus par des chercheurs, et non des tons génériques des boîtiers vendus.
Pour les rongeurs, la fiche s'appuie sur une expérience de 1969 (Greaves et Rowe, publiée dans le Journal of Wildlife Management). Des populations de rats et de souris enfermées avaient été exposées à un générateur d'ultrasons. Elles montraient une légère aversion au son, qui s'estompait avec le temps, surtout une fois qu'une source de nourriture fiable était trouvée près de l'appareil. Même après le retrait de la nourriture, les animaux continuaient d'explorer la pièce. Les chercheurs parlent d'habituation, c'est-à-dire d'une baisse de réaction face à un stimulus qui ne cause aucun mal. Ils jugeaient pourtant qu'un appareil bien placé pouvait aider à repousser les nuisibles, ce que la fiche rapporte aussi.
Pourquoi un boîtier branché sur une prise fait rarement partir les souris
Plusieurs limites se cumulent. La première est l'habituation, que l'expérience de 1969 a observée. Un son qui ne s'accompagne d'aucun danger finit par faire partie du décor, d'autant plus vite que de la nourriture reste à portée. Tant que les poubelles, les croquettes ou les stocks sont accessibles, l'aversion du début ne pèse pas lourd.
La deuxième tient à la portée. Les aigus sont arrêtés par un meuble, une cloison ou un isolant, alors que les souris nichent justement dans les cloisons, les combles et derrière l'électroménager. Un boîtier n'agit au mieux que dans la pièce où il est branché. La troisième est qu'il ne bouche rien. Même quand une souris évite un couloir, elle peut passer par une autre ouverture, et l'étude de Whitford laissait d'ailleurs les souris libres de quitter la zone.
Si vous avez déjà un appareil, ne comptez pas dessus seul. Ne le laissez pas retarder le piégeage ni le rebouchage, qui font la différence.
Ce qui fait vraiment partir les souris
La fiche Pest Notes de l'université de Californie, que nous citons dans nos autres articles, place l'exclusion en tête des méthodes et juge le piégeage efficace. Il s'agit de retirer ce qui attire les souris, de boucher les accès et de piéger celles qui sont déjà installées. Le rebouchage compte le plus, parce qu'une souris se faufile dans des ouvertures très étroites, ce que détaille notre article sur le grillage anti-rongeur et la taille de maille. Les pièges se posent le long des murs, là où les souris circulent.
Quand les captures se prolongent, quand on entend des bruits dans les cloisons ou quand les entrées restent hors d'atteinte, mieux vaut passer la main. Un professionnel repère les accès, pose des postes sécurisés si c'est nécessaire et remet un devis gratuit.